« Sur le circuit comme en dehors, il y a un écart considérable entre ce que les hommes et les femmes peuvent gagner. » – Victoria Iglesias

Pour de nombreux fans, la lutte contre les discriminations de genre dans le sport est l'un des plus grands défis. Dans le milieu du padel, la cause de l’égalité des hommes et des femmes est défendue avec éloquence par Victoria Iglesias.

L'Espagnole de 27 ans l’admet : « Les choses se sont améliorées depuis que j'ai commencé ». Avant d’ajouter : « Mais si ce sport était plus ouvert au changement, alors on aurait déjà observé davantage de progrès.  Nous devons continuer à nous battre, et ce n'est jamais facile. »

Le padel a toujours eu la réputation d’être un sport inclusif, notamment parce que la parité y est presque respectée : on compte parmi les joueurs, tous niveaux confondus, 40 % de femmes et 60 % d’hommes. Victoria Iglesias, qui est désormais une joueuse expérimentée sur le circuit World Padel Tour, le reconnaît mais constate que le chemin à parcourir est encore long.

« Par nature, le padel présente certains avantages », dit-elle. « Par exemple, jusqu'au niveau amateur, les matchs en double peuvent être joués par des équipes mixtes, et c'est souvent le cas. Le padel permet aux gens de s’amuser facilement et c’est le plus important. C'est un aspect de ce sport que j'ai toujours aimé. »

 « Je viens de Carmona, une petite ville d'Andalousie au sud de l'Espagne. Aujourd'hui, je joue dans tout le pays et même à l'étranger. Mais depuis que j'ai commencé ma carrière, où que j'aille, je constate que le padel rapproche les personnes, quel que soit leur âge, leur niveau ou leur genre. »

Appliquer les formats du milieu amateur, plus souples, dans les tournois professionnels.

 

Malgré tout, Victoria voudrait que les formats du milieu amateur, plus souples, soient appliqués dans les tournois professionnels. « Les équipes mixtes n'existent pas sur le circuit World Padel Tour. Et il serait bon que le WPT ajoute cette catégorie aux compétitions », souligne-t-elle.

Victoria a débuté sa carrière sportive grâce aux encouragements de tous les membres de sa famille, les femmes aussi bien que les hommes. « J'ai commencé par le tennis lorsque j'étais enfant. J'ai arrêté à l'âge de 18 ans, mais ma mère et ma sœur jouent au padel et, avec mon père, elles m'ont conseillé d'essayer ce sport. »

Après avoir gravi sans difficulté les premiers échelons, elle s’est mise à jouer sérieusement à 21 ans à Séville, la capitale de l'Andalousie, et son niveau a rapidement progressé.

« Le tennis et le padel sont deux sports très différents, mais on retrouve certains coups dans l’un et l’autre et je pense que cela m'a aidé. »

Toutefois, au fil de son évolution dans le milieu professionnel du padel, elle a découvert que « sur le circuit comme en dehors, il y a un écart considérable entre ce que les hommes et les femmes peuvent gagner. » Elle affirme que les joueurs de padel professionnels peuvent gagner jusqu'à trois fois plus que les joueuses et selon elle il sera difficile de corriger ce déséquilibre très ancré, même dans des sports plus anciens comme le football.

« Le football attire des investissements importants depuis plusieurs décennies. C'est comme cela que ce sport a gagné en prestige et a pu fournir aux meilleurs joueurs un environnement propice au développement de leurs talents individuels. Mais toutes ces années durant, le football féminin est resté à l'arrière-plan. »

Une guerrière sur le court
 

Sur le court aussi, Victoria s’appuie sur ce qu'elle appelle son « esprit guerrier ». Avec sa nouvelle partenaire, l'Argentine Aranza Osorio, elle a remporté deux demi-finales et deux quarts de finale cette année.
 
« Nous formons une bonne équipe car nous avons les mêmes objectifs et le même caractère », explique-t-elle. « Une chose est sûre, nous sommes toutes les deux déterminées à arriver en finale au moins une fois cette année. »

La lutte pour l'égalité des genres dans le padel et dans le sport en général n’est pas encore terminée, mais Victoria Iglesias est catégorique : elle n'abandonnera pas le combat. « Nous nous entraînons tout aussi durement, nous travaillons de la même manière, nous voyageons tout autant et nous devons tous payer deux entraîneurs – un conseiller technique et tactique et un préparateur physique. Il n'y a donc aucune différence entre ce que nous devons faire pour exercer notre métier.

Le chemin à parcourir est encore long et tout ne changera pas en un seul coup. Mais si nous poursuivons nos efforts, petit à petit nous finirons bien par voir des changements apparaître. »